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SALON DE LA NATIONALE DES BEAUX-ARTS

Un peu d’histoire…

En rupture intellectuelle avec la tyrannie du Salon officiel institué par Louis XIV et Colbert, Louis Martinet et Théophile Gautier fondèrent en 1861 le premier Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts pour rendre l’art plus libéral. Ingres fut l’un de ses premiers exposants, ainsi que Delacroix, Corot, Daubigny, Lehmann, Manet, Hébert, futur Directeur de la Villa Médicis, Baudry, Bonnat, Bracquemond, Gustave Doré et Carpeaux.

Malgré le succès de cette initiative fondatrice, la brillante expérience s’essouffla en 1865, deux ans après la création du Salon des refusés qui deviendrait plus tard le Salon des Indépendants. La Société des Artistes Français succéda en 1881 au Salon. Au cours d’une séance houleuse du jury de l’Exposition Universelle de 1889, le président Meissonier n’admettant pas les réactions de l’assistance quitta la salle, suivi par Puvis de Chavannes, Dalou, Carolus Duran, Gervex, Rodin, Béraud, Jean-Charles Cazin, Dagnan-Bouveret et Albert Besnard. Ils furent l’année suivante en 1890, le noyau fondateur de la nouvelle Société Nationale des Beaux-Arts. Son premier Salon se tint triomphalement en 1890 au Palais du Champ de Mars. L’année suivante, Meissonnier gravement malade transmit la présidence à Puvis de Chavannes, élu par acclamations.

Reconnue d’utilité publique depuis 1909, la Nationale des Beaux-Arts poursuit sa tradition d’encouragement et de soutien des artistes de toutes tendances.

« Salon des Artistes Français
Nu au turban
Salon d’Automne
Nu au turbot
Salon des Indépendants
Nu au turbin »
ANDRE SALMON

Nous pourrions rajouter :
Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau
Nu au turbotin
Salon de la Nationale des Beaux Arts
Nu qui turbine


Nous avons beaucoup déménagé depuis 1692. Nous avons abandonné le Salon Carré du Louvre, mais nous nous sommes maintenus dans cette pièce de réception le : Salon. Aujourd’hui nous nous retrouvons, les Salons, sous la ronde verrière du Grand Palais.

Au XVIIème siècle les artistes désirent montrer leur production à la bourgeoisie qui monte en puissance. Les Salons apparaissent. Ils s’installent à la Révolution puis s’affirment au XIXème et XXème siècles. Ils s’affrontent, se multiplient dans une fructueuse émulation. Les artistes rejettent les contraintes et proposent au jugement du grand public leur conception de l’art. Les écrivains, Diderot, Baudelaire…puis les critiques spécialisés, guident, orientent, débattent, sur les différentes évolutions.
Les Salons deviennent alors le lieu de la confrontation pacifique des idées. C’est la sélection naturelle de l’évolution de l’art. La disparité des genres apparaît comme un désordre. Cette diversité permet la libre appréciation et abolit l’oukase de tout art officiel, imposé par un gouvernement ou par une caste d’intégristes de la culture. Le temps sélectionnera les bons fruits.

La SNBA participe depuis 1861 à ce débat avec vitalité et se veut digne de ses membres fondateurs. Elle se souhaite éclectique et propose sur son éventaire ce qu’elle pense être la qualité. Elle pense que l’évolution ne peut être imposée, que les erreurs ne sont pas méprisables, qu’elles sont mêmes nécessaires à la découverte du bon chemin. Nous vivons un siècle foisonnant où chacun détient la lourde mais enthousiasmante responsabilité du choix. Un restaurant serait-il attractif s’il n’offrait qu’un seul plat ?
N’est-il pas réconfortant cet extrait du testament de Rodin membre éminent de la SNBA :
« Si votre talent est neuf, vous ne compterez d’abord que peu de partisans et vous aurez une foule d’ennemis. Ne vous découragez pas. Les premiers triompheront ; car ils savent pourquoi ils vous aiment : les autres ignorent pourquoi vous leur êtes odieux ; les premiers sont passionnés par la vérité et ils recrutent sans cesse de nouveaux adhérents ; les autres ne témoignent d’aucun zèle durable pour leur opinion fausse ; les premiers sont tenaces, les autres tournent à tous vents. La victoire de la vérité est certaine ».

Elle est belle et stimulante la loyale compétition pour la libre expression ! C’est un gage de jeunesse semblable à la mer, toujours recommencée.

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Art en Capital – les Semaines de l’Art Actuel
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